Agence, ESN ou freelance : qui choisir pour une application métier, au forfait ou en régie ?

· 14 min de lecture · Par Godefroy de Compreignac, CEO
Points clés
  • Une agence produit vend une application livrée, une ESN vend des jours d’ingénieurs, un freelance vend sa compétence individuelle
  • Au forfait, le prestataire s’engage sur un résultat et porte le risque de dépassement. En régie, il s’engage sur des moyens et le client pilote
  • Le forfait par sprint fixe le budget de chaque période de deux semaines et laisse le périmètre évoluer d’un sprint à l’autre
  • Sans responsable produit ni technique en interne, une PME a intérêt à confier son application métier à une agence qui répond du résultat
  • La régie convient à une équipe interne déjà organisée qui manque de bras ou d’une compétence précise

Pour faire développer une application métier, une PME ou une ETI a le choix entre trois prestataires. Une agence produit livre l’application et répond de son résultat. Une ESN met des ingénieurs à disposition et les facture à la journée. Un freelance apporte sa compétence individuelle. Le contrat se signe au forfait, quand le prestataire s’engage sur un résultat, ou en régie, quand il s’engage sur des moyens. Le choix dépend surtout d’une question : avez-vous en interne quelqu’un capable de piloter le projet au quotidien, sur le produit comme sur la technique ? Sans cette personne, confiez l’application à une agence au forfait. Avec elle, un renfort en régie ou un freelance peut suffire, pour un engagement plus léger. Cet article compare les trois prestataires, détaille le forfait et la régie, puis liste les questions à poser avant de signer.

Trois prestataires, trois services différents

Agence, ESN et freelance savent tous écrire du code. La différence porte sur ce que vous payez.

L’agence produit vend une application livrée

Une agence produit constitue une équipe autour de votre projet : un product manager, un ou plusieurs développeurs, souvent un designer. Elle cadre le besoin avec vos équipes, conçoit les écrans, développe, met en production puis assure la maintenance si vous le souhaitez. Elle vend un résultat, une application qui tourne et que vos équipes utilisent.

Son tarif journalier moyen se situe entre 500 et 700 € HT en France. Ce montant couvre plus que le travail d’un développeur : la gestion de projet, la relecture du code, les tests, l’environnement de déploiement et le savoir accumulé par l’équipe sur des projets comparables. Pour une application métier, comptez entre 40 000 et 150 000 € pour une version complète selon le périmètre.

L’ESN vend des jours d’ingénieurs

Une ESN (entreprise de services du numérique) emploie des ingénieurs et les place chez ses clients. Son métier historique est l’assistance technique, c’est-à-dire la régie : elle facture chaque jour travaillé d’un consultant qui rejoint votre équipe pour des mois, parfois des années. Les grandes ESN prennent aussi des projets au forfait, en particulier la maintenance applicative et les gros programmes des grands comptes.

Une ESN apporte surtout des renforts. Elle trouve vite un profil Java, un chef de projet SAP ou dix testeurs, sur des volumes qu’une agence de trente personnes ne couvre pas. En contrepartie, le consultant placé exécute ce que l’équipe du client lui demande. La conception du produit et les arbitrages restent chez vous.

Le freelance vend sa compétence

Un développeur freelance travaille seul, sur une mission que vous lui confiez directement ou via une plateforme comme Malt. Un profil senior facture en général entre 500 et 800 € HT par jour en France. C’est le modèle le plus souple : un bon freelance démarre en quelques jours et s’arrête quand la mission se termine.

Le revers, c’est qu’il travaille seul. Personne ne relit son code ni ne le remplace pendant ses congés. À la fin de la mission, sa connaissance du projet part avec lui. Un freelance excelle sur un périmètre clair, piloté par quelqu’un de votre côté.

Comparatif des trois prestataires : l’agence produit vend une application livrée, l’ESN des jours d’ingénieurs, le freelance sa compétence

Forfait ou régie : sur quoi le prestataire s’engage

Le contrat fixe qui répond du résultat. Il change le déroulement du projet plus encore que le choix entre agence, ESN et freelance.

Au forfait, le prestataire s’engage sur un résultat

Dans une prestation au forfait, le prestataire s’engage à livrer un périmètre défini, pour un prix fixé et à une date convenue. S’il a sous-estimé le travail, il absorbe le dépassement. Vous payez par jalons, après la recette de chaque lot livré.

Le contrat au forfait demande un besoin cadré. Le prix repose sur un cahier des charges ou une expression de besoin assez précise pour être chiffrée. Chaque demande qui sort du périmètre passe ensuite par un avenant, chiffré à part. Sur une application métier, le périmètre bouge presque toujours, parce que les utilisateurs découvrent leurs vrais besoins en se servant des premiers écrans. Avec un forfait trop rigide, chacune de ces découvertes devient un avenant à négocier.

En régie, le prestataire s’engage sur des moyens

Dans une prestation en régie, le prestataire met à disposition un ou plusieurs profils, pour une durée donnée, et facture le temps passé au TJM (taux journalier moyen) convenu. La facturation en régie est mensuelle en général : le consultant remplit un compte rendu d’activité, que vous validez avant la facture.

Le client fixe les priorités et pilote le travail. Il porte donc le risque : si le projet prend deux mois de plus, il paie deux mois de plus. En échange, il garde une souplesse totale sur le contenu, sans avenant à négocier.

Un contrat en régie impose une limite juridique. Le consultant reste salarié de son employeur, qui garde l’autorité hiérarchique : congés, évaluation, discipline. Si le client encadre le consultant comme l’un de ses salariés, l’opération risque d’être requalifiée en prêt de main-d’œuvre illicite ou en marchandage, deux délits du Code du travail (articles L8241-1 et L8231-1).

Le forfait par sprint, entre les deux

Beaucoup d’agences proposent un modèle intermédiaire, le forfait itératif, ou forfait par sprint. Le projet avance par sprints de deux semaines, chacun à budget fixe, avec une démonstration à la fin. Le contenu de chaque sprint se décide au fil du projet, selon les retours des utilisateurs. Vous savez combien coûte chaque sprint, vous voyez l’avancement toutes les deux semaines et vous pouvez arrêter après n’importe lequel.

Ce modèle convient bien aux applications métier : l’agence reste engagée sur ce qu’elle livre sans figer un périmètre qui changera. Chez Lonestone, l’offre Build fonctionne ainsi : de 8 000 € par sprint pour une petite équipe à 22 000 € pour une équipe complète avec product manager, développeurs et designer.

Comparatif du forfait, du forfait par sprint et de la régie : engagement, prix, risque et périmètre

Tableau comparatif

CritèreAgence produit (forfait ou forfait par sprint)ESN (régie)Freelance
Vous achetezUne application livréeDes jours d’ingénieursLa compétence d’une personne
Pilotage côté clientUn interlocuteur qui arbitre et valideUn responsable produit ou technique au quotidienUn responsable qui définit et relit le travail
Coût indicatifTJM de 500 à 700 € HT, gestion de projet et design comprisTJM selon le profil et la sénioritéTJM senior de 500 à 800 € HT
Délai de démarrageQuelques semaines, après un cadrageSelon les profils disponiblesQuelques jours si le freelance est libre
ContinuitéL’équipe se relaie et documenteLe consultant peut être remplacé, avec un temps de repriseLe savoir part avec la personne
Responsabilité du résultatLe prestataireLe clientLe client
Projet adaptéApplication neuve à concevoir, refonte d’un outilÉquipe interne à renforcer sur la duréeÉvolution ponctuelle au périmètre clair

Le tarif journalier ne suffit pas pour comparer les trois modèles. Une journée de freelance à 600 € et une journée d’agence à 650 € couvrent un travail différent : la journée d’agence inclut la conception, la coordination et la relecture, que le freelance vous laisse assumer. Comparez plutôt le coût total pour arriver à une application que vos équipes utilisent, en comptant le temps que vos propres salariés passeront à piloter.

Quel modèle pour quel projet ?

Tout dépend de la personne qui, chez vous, prend les décisions sur le produit et la technique, et du temps qu’elle peut y consacrer.

graph TD
  A["Vous faites développer une application métier"] --> B{"Un responsable produit ou technique en interne, disponible ?"}
  B -->|Non| C["Agence produit au forfait ou au forfait par sprint"]
  B -->|Oui| D{"Le besoin est-il un projet neuf à concevoir ?"}
  D -->|Oui| E["Agence produit, ou équipe interne renforcée en régie"]
  D -->|Non| F{"Le travail dure-t-il plus de quelques semaines ?"}
  F -->|Oui| G["Régie, avec une ESN ou une agence"]
  F -->|Non| H["Freelance ou régie courte"]

Un outil métier neuf à concevoir

Votre équipe commerciale gère ses devis dans trois fichiers Excel, ou votre service qualité suit ses non-conformités par mail. Personne en interne n’a déjà conduit un projet logiciel. Dans ce cas, confiez le projet à une agence produit, au forfait ou au forfait par sprint. Elle commence par observer vos équipes et cadrer le premier périmètre, puis livre par itérations. Votre rôle se limite à arbitrer et à faire tester les écrans par les utilisateurs.

Salto, la plateforme de streaming de TF1, M6 et France Télévisions, avait besoin d’un outil interne pour suivre l’acquisition de ses contenus audiovisuels et leur pilotage financier. Lonestone a cadré le MVP de Salto sur ces deux briques prioritaires, puis l’a conçu et développé pendant un an avec une équipe de design, de product management et de développement.

Quand le besoin reste flou, commencez par une phase de cadrage et de conception : quelques semaines suffisent pour dessiner les parcours, maquetter les écrans et chiffrer le développement sur une base solide.

Une équipe interne à renforcer

Vous avez un responsable technique, deux développeurs et une feuille de route chargée. Il vous manque un développeur senior pendant six mois, ou une compétence précise, en IA par exemple. La régie répond exactement à ce besoin : le renfort suit vos méthodes et vos outils pendant que vos équipes gardent la main sur le produit.

Le choix se fait alors entre ESN, agence et freelance. Une ESN couvre les gros volumes et les technologies très répandues en entreprise. Une agence qui fait aussi de la régie apporte des profils habitués à livrer des produits de bout en bout, avec l’appui du reste de son équipe en cas de blocage. Un freelance coûte le moins cher à la journée, mais il travaille sans relecture et sans remplaçant.

Une évolution ponctuelle

Vous voulez ajouter un export comptable à un outil existant, ou connecter votre application à l’API d’un partenaire. Le périmètre est clair, le travail tient en quelques semaines et quelqu’un chez vous peut relire le résultat. Un freelance convient bien à ce type de mission. Si l’application est déjà maintenue par un prestataire, demandez-lui plutôt l’évolution : il connaît le code et l’intégrera sans casser le reste.

Une application existante à reprendre

Le prestataire d’origine a disparu, ou plus personne ne comprend le code. Avant de choisir un modèle, faites auditer l’application : l’audit du code, de la sécurité et des données montre s’il vaut mieux faire évoluer l’existant ou repartir sur une base neuve. Le choix du prestataire suit ce diagnostic.

Les questions à poser avant de signer

Les propositions se ressemblent toutes sur le papier. Ces questions font apparaître les écarts.

  • Qui travaillera concrètement sur le projet, et avec quelle expérience ? Demandez les noms et les parcours des personnes, en plus de la présentation commerciale. Une équipe junior encadrée de loin coûte moins cher à la journée, mais elle met plus de jours à livrer et demande davantage de corrections.
  • Quelles applications comparables le prestataire a-t-il livrées ? Des réalisations nommées, avec un client que vous pouvez appeler, valent mieux qu’une liste de technologies.
  • À qui appartient le code ? Le contrat doit prévoir la cession des droits sur le code source, la documentation et les accès à l’hébergement. Vérifiez que vous pourrez changer de prestataire ou internaliser sans repartir de zéro.
  • Comment sont traitées les demandes qui sortent du périmètre ? Au forfait, demandez comment un avenant se chiffre et qui l’arbitre. Au forfait par sprint, demandez comment se décide le contenu du sprint suivant.
  • Qui maintient l’application après la livraison ? Une application métier vit plusieurs années. Demandez ce que couvre la maintenance, son coût annuel et le délai d’intervention en cas de panne.
  • Comment le prestataire estime-t-il le projet ? Demandez-lui d’expliquer sa méthode d’estimation, les hypothèses du chiffrage et ce qui le ferait bouger.

Pour un logiciel destiné à être vendu, la facturation, le multi-tenant et la sécurité pèsent davantage dans le choix d’une agence de développement SaaS. Si vous cherchez un prestataire près de Nantes, nous avons aussi comparé les agences de développement nantaises.

Lonestone, agence produit au forfait et en régie

Lonestone a travaillé pour plus de 200 clients depuis 2014, avec des ingénieurs qui ont pour la plupart entre 10 et 25 ans d’expérience. L’équipe livre des applications métier de bout en bout, de l’observation des utilisateurs à la mise en production. Elle soigne particulièrement l’UX, parce qu’un outil métier pénible à utiliser finit contourné par des fichiers Excel.

Lonestone propose le forfait comme la régie. Avec l’offre Build, le client confie le projet à une équipe Lonestone, au forfait par sprint, pour une application neuve comme pour une refonte. Avec l’offre Scale, Lonestone place des développeurs, designers ou product managers seniors en régie dans votre équipe, de 400 à 950 € par jour selon le profil. Les consultants Scale sont salariés de Lonestone en France et s’appuient sur le reste de l’équipe quand un sujet les dépasse.

Lonestone a par exemple conçu la plateforme qui met en relation les jeunes et les entreprises industrielles de l’AIPMI, et refondu en six mois la plateforme web de Desoutter Tools, un industriel présent dans 170 pays.

Pour comparer les modèles sur votre propre projet, parlez-en avec l’équipe qui conçoit les applications métier sur mesure de Lonestone : vous saurez en un échange quel modèle convient à votre organisation, et ce qu’il coûterait.

FAQ

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre forfait et régie ?

Au forfait, le prestataire s’engage sur un résultat : un périmètre défini, un prix fixé et une date de livraison. Il porte le risque de dépassement. En régie, le prestataire s’engage sur des moyens : il met des profils à disposition et facture le temps passé au TJM. Le client pilote le travail et porte le risque si le projet prend plus de temps. Le forfait par sprint combine les deux, avec un budget fixe par période de deux semaines et un périmètre ajusté à chaque sprint.

Qu’est-ce qu’une prestation en régie ?

Une prestation en régie consiste à mettre un ou plusieurs experts (développeurs, designers, chefs de projet) à la disposition d’un client, qui leur fixe les priorités. Le prestataire reste leur employeur et facture chaque jour travaillé, en général chaque mois sur la base d’un compte rendu d’activité. La régie informatique sert surtout à renforcer une équipe interne déjà organisée.

Comment se passe la facturation en régie ?

Le consultant déclare chaque mois les jours travaillés dans un compte rendu d’activité. Le client le valide, puis le prestataire facture le nombre de jours multiplié par le TJM convenu. Les contrats précisent en général une durée minimale, un préavis de fin de mission et les conditions de remplacement d’un consultant.

Agence ou freelance pour développer une application métier ?

Une agence convient quand l’entreprise n’a personne en interne pour piloter le projet : elle apporte une équipe complète (product manager, développeurs, designer) et répond du résultat. Un freelance convient pour une mission au périmètre clair, relue par un responsable technique côté client. Le freelance coûte souvent moins cher à la journée, mais la conception, la coordination et la continuité restent à la charge du client.

Une ESN peut-elle développer une application métier au forfait ?

Oui, beaucoup d’ESN proposent des projets au forfait, en particulier pour la maintenance applicative et les grands programmes. Leur métier principal reste l’assistance technique en régie. Pour une PME qui fait développer sa première application métier, une agence produit apporte en général davantage sur la conception et l’UX, deux points dont dépend l’adoption par les équipes.

Combien coûte un développeur freelance par jour ?

En France, un développeur freelance senior facture en général entre 500 et 800 € HT par jour. Une agence de développement facture de 500 à 700 € HT par jour en moyenne, gestion de projet, relecture du code et tests compris. Une application métier complète coûte entre 40 000 et 150 000 € en développement sur mesure, selon le périmètre.

Peut-on passer du forfait à la régie en cours de projet ?

Oui. Un schéma courant consiste à faire concevoir et développer la première version au forfait par une agence, puis à recruter une équipe interne et à garder un ou deux profils de l’agence en régie pour assurer la transition. Lonestone propose les deux modèles, l’offre Build au forfait par sprint et l’offre Scale en régie : le client garde le même interlocuteur pendant ce passage.

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