TMA informatique : ce que couvre la tierce maintenance applicative, son contrat et son prix
- La TMA, ou tierce maintenance applicative, confie à un prestataire externe la maintenance d’une application en production : corrections, mises à jour, adaptations techniques et petites évolutions
- Un contrat de TMA fixe le périmètre, les délais d’intervention (SLA), le mode de facturation et la réversibilité, la clause qui garantit au client le code, les accès et la documentation s’il change de prestataire
- Le budget annuel de maintenance d’une application sur mesure représente en général 10 à 20 % de son coût de création, évolutions comprises
- Avant de reprendre une application écrite par une autre équipe, un audit du code chiffre la dette technique et les risques, ce qui évite de les découvrir pendant le premier incident
La TMA informatique, ou tierce maintenance applicative, consiste à confier la maintenance d’une application en production à un prestataire externe : il corrige les bugs, applique les mises à jour de sécurité, adapte le logiciel aux évolutions techniques et réalise les petites évolutions demandées. L’entreprise garde la propriété du code et des données. Le prestataire s’engage par contrat sur des délais d’intervention. Pour une application web, un SaaS ou un logiciel métier sur mesure, une TMA coûte en général 10 à 20 % du coût de création par an.
Cet article s’adresse aux PME, aux ETI et aux éditeurs logiciel qui ont une application en production et cherchent qui va s’en occuper. Il détaille ce que couvre une TMA, les clauses à vérifier dans le contrat, les prix, la reprise d’une application développée par un autre prestataire et les critères pour choisir. Pour un site vitrine sous WordPress, la maintenance d’un site internet suit d’autres règles et d’autres prix.
Définition de la TMA et différence avec l’infogérance
La tierce maintenance applicative est la maintenance d’un logiciel déjà en service, confiée à une entreprise tierce qui s’engage par contrat sur un périmètre, des délais et un budget. Le mot « tierce » désigne ce prestataire externe, distinct de l’entreprise qui utilise le logiciel. En anglais, on parle d’application maintenance outsourcing.
Quatre termes proches se mélangent souvent :
| Terme | Périmètre | Qui le fait |
|---|---|---|
| Maintenance applicative | Tout le travail sur le code d’une application après sa mise en service | Une équipe interne ou un prestataire |
| TMA | La maintenance applicative confiée à un prestataire externe, sous contrat | Un prestataire |
| Infogérance | L’hébergement et l’exploitation de l’infrastructure : serveurs, réseau, sauvegardes, supervision | Un hébergeur ou un infogéreur |
| MCO (maintien en condition opérationnelle) | L’ensemble des actions qui gardent un système disponible, infrastructure et application comprises | Souvent partagé entre l’infogéreur et la TMA |
Sur une application web moderne, la frontière entre le code (TMA) et les serveurs qui le font tourner (infogérance) est mince : une mise à jour de Node.js touche les deux à la fois. Beaucoup de prestataires proposent TMA et infogérance dans un même contrat. Chez Lonestone, l’offre de TMA Run inclut l’hébergement, et l’hébergement infogéré Host existe aussi seul pour les équipes qui maintiennent leur code elles-mêmes.
Les 4 types de maintenance couverts par une TMA
La norme ISO/IEC/IEEE 14764, qui décrit la maintenance des logiciels, distingue quatre types de maintenance. Le vocabulaire français remplace souvent la maintenance « perfective » de la norme par la maintenance évolutive.
| Type | Périmètre | Rythme | Qui décide |
|---|---|---|---|
| Corrective | Corriger un bug signalé par un utilisateur ou détecté par la surveillance | À chaque incident, dans le délai du SLA | Le prestataire qualifie, le client valide la priorité |
| Préventive | Mettre à jour les dépendances, surveiller les erreurs, corriger une faille avant qu’elle ne soit exploitée | En continu, avec des mises à jour chaque mois | Le prestataire, selon le contrat |
| Adaptative | Suivre les changements de l’environnement : nouvelle version de Node.js ou du navigateur, API tierce qui change, nouvelle obligation légale | Quand l’environnement change | Le prestataire alerte, le client arbitre |
| Évolutive | Ajouter ou modifier une fonctionnalité | Selon la roadmap du produit | Le client |
On parle de trois types de maintenance informatique quand la préventive et l’adaptative sont regroupées, ou quand l’évolutive sort du périmètre de la TMA. Le chiffre importe peu. Vérifiez plutôt dans le contrat lesquels sont inclus dans le forfait et lesquels sont facturés à part.
La maintenance corrective est celle qu’on remarque, parce qu’un utilisateur bloqué appelle. La préventive et l’adaptative sont plus discrètes : une application à laquelle personne ne touche pendant deux ans accumule des dépendances obsolètes et des failles connues. Chaque mise à jour repoussée rend la suivante plus longue. Ce retard accumulé devient de la dette technique.

Ce que contient un contrat de TMA
Un contrat de TMA décrit ce que le prestataire fait, dans quel délai, pour quel prix, et comment le client récupère son application s’il change de prestataire. Vérifiez au minimum ces points :
- Le périmètre précise les applications, les environnements (production, préproduction) et les types de maintenance inclus. Une phrase comme « maintenance de l’application » reste trop vague.
- Les délais d’intervention (SLA) sont fixés par niveau de gravité, avec les horaires couverts. Un incident bloquant en semaine et le même incident un samedi soir n’appellent pas la même réponse.
- L’astreinte, si l’application doit tourner la nuit et le week-end, figure dans le contrat avec son prix.
- Le mode de facturation est un forfait mensuel, un volume de jours ou d’unités d’œuvre, ou un mélange.
- La limite entre une correction incluse et une évolution facturée est définie, avec un exemple de chaque.
- La réversibilité garantit au client la propriété du code, des accès d’hébergement, des noms de domaine et de la documentation, avec une période de transfert vers le prestataire suivant.
- Les indicateurs de suivi sont listés : nombre d’incidents, délai moyen de résolution, disponibilité mesurée, mises à jour réalisées.
- Un compte rendu régulier, en général mensuel, présente ces indicateurs et ce qui a été fait.
La réversibilité est la clause la plus souvent oubliée. Un dépôt de code et des comptes d’hébergement ouverts au nom du prestataire vous rendent dépendant de lui le jour où vous voulez en changer. Ouvrez-les au nom de votre entreprise dès le départ, puis donnez les accès au prestataire.

Combien coûte une TMA ?
Le budget annuel de maintenance d’une application sur mesure représente en général 10 à 20 % de son coût de création, évolutions comprises. Une application métier qui a coûté 100 000 € demande donc de 10 000 à 20 000 € par an pour rester sûre et à jour. Le pourcentage monte quand l’application évolue beaucoup, dépend de nombreuses API tierces ou doit être disponible jour et nuit.
Trois modes de facturation existent :
- Le forfait mensuel couvre un périmètre fixe, en général la surveillance, la maintenance corrective et préventive, et parfois un volume d’évolutions. Le budget est prévisible.
- Les unités d’œuvre découpent le travail en tâches types chiffrées à l’avance, d’une correction simple à une évolution complexe. Ce mode convient aux applications qui évoluent beaucoup, à condition que le catalogue d’unités soit clair.
- La régie facture le temps passé, au jour. Elle reste la plus flexible et la moins prévisible.
Chez Lonestone, l’offre Run démarre à 1 200 € par mois pour la plupart des produits et à 1 900 € par mois (Run Big) pour les applications les plus exigeantes. Le prix inclut l’hébergement, la surveillance, la maintenance corrective, les mises à jour de sécurité et une intervention en moins d’une heure, en semaine de 9 h à 18 h sur Run et 24 h sur 24 sur Run Big. Dans les deux formules, Lonestone et le client fixent un budget annuel, que Lonestone répartit entre opérations préventives et réactives.
Ce qui coûte cher dans la vie d’une application, c’est rarement la maintenance elle-même. Une application restée deux ans sans mise à jour demande des semaines de remise à niveau avant la moindre évolution. Une faille exploitée coûte bien plus qu’un an de TMA.
Reprendre une application développée par un autre prestataire
Beaucoup de TMA commencent par une reprise : l’agence qui a créé l’application a fermé, le freelance est parti, ou l’équipe interne ne suit plus. Le nouveau prestataire découvre alors un code écrit par d’autres, qu’il doit comprendre avant de le modifier sans risque.
Une reprise sérieuse suit en général ces étapes :
- Un audit du code fait l’état des lieux : architecture, qualité, tests, dépendances obsolètes, failles connues, documentation. Chez Lonestone, un audit de code dure de 1 à 5 jours, à 800 € par jour.
- Le prestataire sortant transfère ce qu’il sait : les accès, les procédures de déploiement, les points fragiles connus, les incidents passés. La clause de réversibilité de son contrat rend ce transfert obligatoire.
- Le nouveau prestataire récupère les accès, installe l’application sur ses postes, met en place la surveillance des erreurs et vérifie qu’il sait déployer une correction en production.
- Les premières semaines servent à corriger les risques prioritaires relevés par l’audit, souvent des mises à jour de sécurité en retard, avant de prendre en charge les évolutions.
graph TD
A["Audit du code<br/>1 à 5 jours"] --> B["Transfert de connaissance<br/>avec le prestataire sortant"]
B --> C["Accès, surveillance<br/>et premier déploiement"]
C --> D["Correction des risques<br/>prioritaires de l’audit"]
D --> E["TMA en régime normal<br/>corrections et évolutions"]
L’audit évite de découvrir l’état du code pendant le premier incident. Il montre aussi s’il faut maintenir l’application telle quelle, la reprendre par morceaux ou la refondre. Lonestone a repris de cette façon le SaaS de dossiers de location Greenloc : l’audit technique a montré une dette qui ralentissait chaque développement, et le backend a été refondu en NestJS et GraphQL pendant que la plateforme restait en production, avec des phases de maintenance entre les phases de refonte.
TMA, régie ou équipe interne ?
Le bon modèle dépend de la fréquence des évolutions et de la présence d’une personne capable de piloter le produit en interne.
| Situation | Modèle adapté |
|---|---|
| Application stable, quelques évolutions par trimestre | TMA au forfait |
| Application qui évolue chaque mois, sans équipe technique interne | TMA avec un volume d’évolutions inclus, ou un forfait par sprint |
| Équipe technique interne qui manque de bras ou d’une compétence | Renfort en régie |
| Produit central pour l’activité, évolutions chaque semaine | Équipe interne, avec un prestataire pour l’astreinte ou les pics |
La TMA engage le prestataire sur un résultat : l’application reste disponible, sûre et à jour. En régie, le prestataire s’engage sur des moyens et le client pilote le travail. Pour un éditeur logiciel avec un CTO, un renfort en régie complète bien l’équipe. Pour une PME sans responsable technique, la TMA est plus simple à piloter. Le choix entre agence, ESN ou freelance, au forfait ou en régie suit la même logique dès la création de l’application.
Comment choisir son prestataire de TMA
Vérifiez ces critères avant de signer :
- L’expérience des développeurs compte plus que l’âge de l’entreprise. Juger ce qui est risqué dans un code écrit par d’autres demande une expérience que les développeurs juniors ont rarement.
- Le prestataire doit maîtriser la technologie de votre application. Une TMA sur une technologie que l’équipe connaît mal coûte plus cher et répond plus lentement.
- Le SLA doit correspondre à vos horaires d’activité. Une application utilisée par des équipes de nuit ou à l’étranger demande une astreinte.
- Le prestataire doit savoir dire ce qu’il fait, avec un compte rendu chiffré chaque mois.
- Demandez des références de produits maintenus sur plusieurs années, et parlez à un de ces clients.
- La surveillance doit être en place dès le premier mois, pour que l’équipe voie une erreur avant vos utilisateurs.
Lonestone assure la TMA d’applications web, de SaaS et d’outils métier pour des PME, des ETI et des éditeurs logiciel. L’agence a travaillé pour plus de 200 clients depuis 2014, avec des ingénieurs qui ont pour la plupart 10 à 25 ans d’expérience. Elle travaille quasi exclusivement en TypeScript, avec React, React Native et Node.js. Parmi les produits qu’elle a conçus puis suivis en production figurent la plateforme web de Desoutter Tools, fabricant d’outils industriels présent dans 170 pays, et la plateforme de recrutement industriel de l’AIPMI.
Sur une application bien maintenue, les mises à jour restent rapides, les incidents rares et les évolutions faciles à chiffrer. Si la vôtre a besoin d’une équipe pour s’en occuper, que vous l’ayez fait développer sur mesure chez Lonestone ou ailleurs, l’offre de tierce maintenance applicative Run réunit maintenance, hébergement et évolutions dans un même contrat.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une TMA en informatique ?
La TMA (tierce maintenance applicative) consiste à confier la maintenance d’une application en production à un prestataire externe. Il corrige les bugs, applique les mises à jour de sécurité, adapte le logiciel aux évolutions techniques et réalise les petites évolutions. Le client garde la propriété du code et des données. Le prestataire s’engage par contrat sur un périmètre, des délais d’intervention et un budget.
Quel est le principe de la TMA ?
Le principe de la TMA est d’externaliser le suivi d’une application déjà en service à une équipe spécialisée, qui s’engage sur un résultat : l’application reste disponible, sûre et à jour. L’entreprise cliente garde la décision sur les évolutions et le budget. Le prestataire surveille la production, corrige les incidents dans les délais prévus et rend compte chaque mois de ce qu’il a fait.
Qu’est-ce qu’un contrat de TMA ?
Un contrat de TMA fixe le périmètre maintenu (applications, environnements, types de maintenance), les délais d’intervention par niveau de gravité (SLA), l’astreinte éventuelle, le mode de facturation (forfait, unités d’œuvre ou régie), la limite entre correction et évolution, les indicateurs de suivi et la réversibilité. La clause de réversibilité garantit que le client garde le code, les accès et la documentation s’il change de prestataire. Lonestone détaille ces engagements dans son offre de tierce maintenance applicative.
Quelle est la différence entre la TMA et l’infogérance ?
La TMA porte sur le code de l’application : corrections, mises à jour des dépendances, adaptations et évolutions. L’infogérance porte sur l’infrastructure qui la fait tourner : serveurs, réseau, sauvegardes et supervision. Les deux sont souvent réunies dans un même contrat pour une application web. Lonestone propose les deux ensemble dans l’offre Run, et l’hébergement infogéré seul pour les équipes qui maintiennent leur code elles-mêmes.
Quels sont les types de maintenance informatique ?
La norme ISO/IEC/IEEE 14764 distingue quatre types de maintenance logicielle. La maintenance corrective corrige les bugs. La maintenance préventive évite les pannes et les failles par les mises à jour et la surveillance. La maintenance adaptative suit les changements de l’environnement technique ou légal. La maintenance évolutive, appelée perfective dans la norme, ajoute ou modifie des fonctionnalités. On parle de trois types quand la préventive et l’adaptative sont regroupées.
Combien coûte une TMA pour une application web ?
Le budget annuel de maintenance d’une application web sur mesure représente en général 10 à 20 % de son coût de création, évolutions comprises. Chez Lonestone, l’offre de TMA Run démarre à 1 200 € par mois, et à 1 900 € par mois pour les applications qui demandent une infrastructure complexe ou une intervention 24 h sur 24. Le prix inclut l’hébergement, la surveillance, la maintenance corrective et les mises à jour de sécurité.
Peut-on changer de prestataire de TMA ?
Oui, à condition que le contrat prévoie la réversibilité : le client doit détenir le code, les accès d’hébergement et la documentation. Le nouveau prestataire commence en général par un audit du code, qui chiffre la dette technique et les risques avant de prendre la production en charge. Lonestone propose cet audit de code sur 1 à 5 jours, à 800 € par jour, avant de démarrer une TMA.